Le Tir aux Armes Anciennes à Poudre Noire

separation image de pistolet

Quand on parle des armes anciennes, on rencontre des attitudes différentes, qui vont de la condamnation à l'admiration. Mais, malgré tout, les armes à feu anciennes sont un témoignage coloré et éloquent de notre passé. Les vieilles armes ont une magie qui leur est propre. À l'observateur attentif et connaisseur, elles révèlent l'ingéniosité humaine la passion créatrice, l'habileté technique et aussi la sensibilité esthétique à la beauté du matériau qui entre dans leur fabrication.

Toute arme porte en elle quelque chose de l'époque où elle a été fabriquée : sa conception et sa fonction, la façon dont certains problèmes de construction ont été résolus, les métaux et les bois utilisés, et même les aspects plus superficiels comme les signatures et décors.
Tout cela est représentatif de la période et du lieu d'où provient l'arme et reflète les moments importants de l'évolution de la société humaine.

Les premiers jours des armes à feu, au début du siècle, demeurent assez mal connus et à l'heure actuelle nous ne pouvons guère que faire des hypothèses appuyées sur quelques connaissances et basées sur les rares écrits qui nous sont parvenus.

Il fallut un temps assez long, plus de trois cents ans, avant que les fusils et les pistolets remplacent presque complètement les armes traditionnelles auprès des chasseurs et des soldats. Et quand ils y parvinrent, leur évolution demeura tout aussi lente car elle était liée à des perfectionnements légers mais constants de leur fonctions mécaniques fondamentales.
L'évolution de l'arme a été un des nombreux courants qui ont contribué au progrès général de la technique.

La fabrication des armes a toujours exigé des règles très sévères quand à la conception, la technologie et les matériaux utilisés.
La nécessité d'armer des soldats très nombreux, a poussé à introduire des méthodes de production de masse beaucoup plus tôt que pour les produits manufacturés. De même la nécessité d'un fonctionnement fiable, dans les conditions d'une bataille, a fait naître la notion de pièces interchangeables.

C'est ainsi que deux principes de base de la production industrielle moderne ont fait leur véritable apparition dans la fabrication des armes à feu. Les ateliers artisanaux, où comptait d'abord l'habileté et la compétence manuelle des ouvriers et maîtres ; avaient un potentiel de fabrication différent de celui des usines de la révolution industrielle.

Une arme quelle que soit son époque et quelle soit destinée à la guerre à la chasse ou au tir à la cible est toujours un témoin qui peut nous raconter beaucoup de choses.
Il ne suffit pas d'avoir une image de l'arme, ni de la posséder. Il faut apprendre à pénétrer ses secrets les plus intimes, la comparer avec d'autres armes et à la confronter aux informations fournies par les écrits historiques.
Toute arme à feu est en fait une machine complexe : il est absolument essentiel de bien comprendre son mécanisme, non seulement pour son utilisation pratique, mais aussi pour déterminer sa provenance et son âge, pour en prendre soin et bien l'entretenir.

Du point de vue technique, l'invention des armes à feu nécessitait deux choses :

Ce n'est qu'à partir du XIVe siècle que nous trouvons des documents faisant état de canons métalliques.

Au début, les manufactures de canon fabriquaient toutes sortes d'armes légères et lourdes. La production ne se diversifia que très lentement selon la taille et la destination des armes.

L'évolution fut influencée par l'invention de la platine qui permit d'évincer l'arbalète vers 1500.

photo d'une platine silex


Les mousquets à mèche ont décidé du résultat de beaucoup de batailles : MARIGNAN, PAVIE. Mais l'effet n'a jamais été plus dévastateur que le tir simultané émis par les mousquets à mèche pendant la bataille de NAGASHINO en 1575.

En cette année la lutte était engagée entre :

Le résultat était clair pour tout le monde, mais Nobunaga choisit 3000 hommes armés de mousquets à mèche, et les entraîna à tirer deux salves par minutes. Puis il les disposa en trois rangs de 1000 sur une ligne avancée mesurant un peu plus d'un kilomètre (chaque rangée s'avançait vers l'avant pour tirer, puis se retirait vers l'arrière pour recharger). Il y avait donc 1000 balles qui partaient toutes les 10 secondes soit 6000 tirs par minute, en termes modernes, un feu effectif de 40 mitrailleuses légères sur un front de 1500 m soit une mitrailleuse tous les 37 m. Les trois vagues de l'attaque de Takeda n'avaient pas la moindre chance, et furent anéanties. Seulement 2000 hommes sur 12000 y ont réchappé.

Donc si quelqu'un se moque de votre vieille pétoire vous pourrez lui dire d'aller voir le film de Kurosawa "KAGEMUSHA" dans lequel on montre très bien cette bataille.

Le mousquet à mèche, fut l'arme d'infanterie réglementaire pendant tout le XVle et XVIIe siècle. Les armées des principales puissances l'utilisèrent pour leurs campagnes d'Europe et d'Asie.

Peu après le XVIIe siècle, des armes associant une platine à mèche et une platine à silex commencèrent à apparaître. A cette époque les platines à silex étaient de plus en plus utilisées sur les armes de chasse et commençaient à s'ouvrir une voie vers les armements militaires. La platine à rouet permit aux cavaliers d'utiliser des armes à feu, surtout des pistolets.

La forme la plus perfectionnée de mécanisme à silex était la platine Française, caractérisée par son mécanisme interne, mise au point par une famille d'artisans aux talents techniques et artistiques du nom de LEBOURGEOIS, originaire de Lisieux, en Normandie.
La famille fabriquait des armes pour les arsenaux de Louis XVIII.

Durant le XVIIe Siècle il n'y eut pas d'innovation technique importante. Le facteur décisif de l'évolution ultérieure fut l'adoption par l'armée Française d'armes à silex à la Française. Le fusil modèle 1777 devint le prototype d'arme analogue dans les autres armées.
Le manque d'uniformité dans les fabrications et l'emploi de matières premières trop souvent défectueuses, ne cesseront qu'avec l'établissement de normes de fabrications rigoureuses qui vont être imposées aux manufactures par le Général GRIBEAUVAL, qui, après le matériel d'artillerie, est chargé du contrôle général de l'armement. Ces mesures seront caractérisées par l'apparition du système 1777 dans lequel toutes les armes présentent les mêmes caractéristiques. Ces armes firent la révolution, les guerres Napoléoniennes, la restauration et bien plus, avant que les armes à percussion prennent la relève.

Si nous avons fait ce bref retour en arrière, c'est pour associer nos tireurs, aux armes anciennes, au passé.
Avec la patience des anciens, ils sont parvenus à force de recherches, de tâtonnements, d'essais de poudre, de balles différentes, d'adaptation et de matériels auxiliaires, à faire mieux que ce que l'on pouvait croire de leurs vieilles armes.
« Pas seulement pour faire du bruit et de la bonne fumée noire » comme le disait fort bien notre ami le docteur Olivier, mais pour figurer aux premières places dans les championnats et rencontres internationales.

Jean-Claude RUNSTADLER


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Dernière modification : 2015/05/04

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